Les films sur le lien père fils ont toujours eu un écho particulier pour moi. Ils finissent en général dans le top de ma videothèque. Le Roman de Jim (2024) de Arnaud et Jean-Marie Larrieu n’y fera pas exception et rejoint le film japonais « Tel père, tel fils » (2013) de Hirokazu Kore-eda ou Paris Texas (1984) de Wim Wenders.

J’ai découvert le Roman de Jim (2024), césar 2025 du meilleur acteur pour Karim Leklou dont j’avais eu quelques échos dans l’actualité. Karim Leklou était en compétition face à Pierre Niney, grand favori pour son registre dramatique, son brio démonstratif et sa capacité à se transformer physiquement. Ce type de performance a généralement plus de succès à Hollywood, « où l’on aime voir l’effort manifeste de l’acteur pour devenir un autre, réel ou fictif. » analyse intelligemment Henri Quantin. Le critique ajoute que cet éloge de la gentillesse permet d’en mesurer les limites, quand elle est une manière un peu lâche d’éviter tout conflit, de ne jamais se mouiller et, finalement, de laisser toujours les autres ou les événements décider à sa place.
Un peu dur tout de même au regard du film où Aymeric, interprété par Karim Leklou, rencontre Florence, une ancienne collègue enceinte de six mois. Il s’investit dans cette relation et élève Jim comme son propre fils. Il choisit d’ailleurs de ne pas en avoir par respect pour lui. Mais lorsque le père biologique de Jim réapparaît, la paternité d’Aymeric, qui a toujours respecté les choix un peu borderline de Florence et n’a pas pris de précaution, est mise à l’épreuve.
Aymeric est un père gentil. Contrairement à Ryota, père ambitieux et distant du film Tel père, tel fils. Ryota découvre qu’à la suite d’une erreur d’une infirmière, son fils biologique a grandi dans une famille plus modeste mais chaleureuse, tandis que celui qu’il a élevé pendant six ans n’est pas son fils « de sang ». Dilemme de restaurer l’ordre des choses ou d’accepter la construction sociale des relations humaines, même familiales.
On va dans une toute autre direction avec Paris Texas, un homme mutique et perdu, réapparaissant après des années d’absence. À travers les paysages désertiques du Texas jusqu’aux rues de Houston, le film raconte sa tentative de reconstruire son passé, de renouer avec son fils et de réparer une histoire d’amour brisée. Le père biologique Travis retrouve son fils malgré le fait qu’il a été élevé pendant de nombreuses années par son oncle et sa tante qui ne peuvent avoir d’enfant.
Paris texas reste mon film favori. Sans doute par la profondeur du récit qui ne se résume pas à une relation père fils. Il explore les conséquences néfaste de la passion amoureuse qu’on essaye de réparer tant bien que mal. L’esthétique du film aide aussi beaucoup, porté par une musique magique de guitare sèche qui accompagne ce road movie américain. L’ambiance complexe, oscille entre beauté contemplative, légèreté avec des clins d’oeil humoristique, puis plus d’intimité avec beaucoup de sous entendus. Une palme d’or à Cannes mérité.
J’aurais pu parler du « Le Fils » (2002) des frères Dardennes. Mais j’ai déjà été assez long et le scénario appellerait de plus amples digression. Peut être un autre soir.
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